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Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
Gérard SANDIFORT alias Sandipoete
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 Ma plume

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MessageSujet: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeMar 17 Juil 2012 - 14:07

Puisque tu cherches, des vers,
Une idée en travers,
Ecris comme tu l'aimes !

Et quel poète n'a pas
Connu de délicats...
De succulents dilemmes ?









Elle est talentueuse et tant de pieds vers elle
Glissaient tout doucement, calmes, sans faire un bruit;
Cueillera-t-elle un soir ce désirable fruit ?
Dira-t-elle au crapaud "je suis ta demoiselle" ?

A pas lent, ses talents se tirent, tire d'aile,
Elle blêmit, frémit, à Moi comme à l'ennui
L'espoir ! _Que mon chaos doré sauve sa nuit,
Que ma saillie aussi NE soit PAS infidèle...

Sa cire était de mèche -et que d'or, me donnait !-
La caresse des pieds inquiètants* connait,
Ci-gît, ma vérirable et délicate enclume...

Excusez-moi du peu... Finissant ce sonnet,
Je suis à la hauteur d'un sexe et d'une plume !
-... La barbe ! Elle était moche ! et d'air m'époumonait... -



* synérèse de in-qui-é-tant (4 pieds)


Dernière édition par Dragon dé-bridé le Mer 18 Juil 2012 - 9:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeMar 17 Juil 2012 - 20:29

"L'espoir ! _Que mon chao doré sauve sa nuit,"
=> chaoS

"La caresse des pieds inquiètants connait,"
=> vers de 11 sauf si tu diérèse "in-qui-è-tants" mais ça fais un peu moche d'accentuer dessus, c'est dommage.

"Ci-gît, ma vérirable et délicate enclume..."
=> ici je trouve dommage que la césure d'hémistiche tombe sur un "e" muet... c'est correcte, certes, mais moins élégants que si tu "coupais" le vers en deux avec une syllabe "forte".

Sinon c'est un sonnet régulier original ;)

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~


« C'est au poëte qu'il est donné de descendre dans les profondeurs les plus intimes de l'âme et de dévoiler ses mystères. […] C'est que le poëte est le premier qui ouvre la bouche à sa nation, et vient en aide à sa pensée en lui donnant une forme dans le langage. »

Hegel

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MessageSujet: Re: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeMer 18 Juil 2012 - 9:29

@Frollo a écrit:
"L'espoir ! _Que mon chao doré sauve sa nuit,"
=> chaoS

"La caresse des pieds inquiètants connait,"
=> vers de 11 sauf si tu diérèse "in-qui-è-tants" mais ça fais un peu moche d'accentuer dessus, c'est dommage.

"Ci-gît, ma vérirable et délicate enclume..."
=> ici je trouve dommage que la césure d'hémistiche tombe sur un "e" muet... c'est correcte, certes, mais moins élégants que si tu "coupais" le vers en deux avec une syllabe "forte".

Sinon c'est un sonnet régulier original ;)



Zut pour chaos ! je me suis laissé emporter par celui de mon orthographe !! ah ah !

Pour la diérèse du vers de 11 (et donc en fait de 12) je la garde ! Dois-je le préciser ? J'entends qu'ainsi se fait une insistance sonore très interessante sur le groupe "pieds inquiétants" le ied en synérese et le ié en diérèse crééent aussi une dilataion heureuse de l'echo phonique... donne de la profondeur. Je veux être original, j'y tiens tout en utilisant les règles



La césure est après Ci-git... juste à la virgule. En effet j'aime l'écriture classique de Verlaine, ses divers mécanismes et ses belles intuitions qui lui faisaient déplacer la césure à sa guise (c'est tout aussi possible en scansion, repérable dans les grandes oeuvres "Racine, Valéry,Rimbaud" pas Hugo).



Merci beaucoup de ton commentaire. J'ai trouvé très agréable d'y répondre Sourire
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MessageSujet: Re: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeMer 18 Juil 2012 - 11:01

Préciser la diérèse, oui et non. Tu peux le préciser, mais chez Racine ou Malherbe, eux, ils "diérèsaient" tout les mots, alors que nous on se base sur notre manière orale de dire tel ou tel mot : "inquiétants" je le dis en 3 pieds (normal pour moi et pour toi ?), eux le disaient en 4 et c'était normal (pour eux).

Dans un alexandrin, la césure est normalement au milieu, à 6. Après tu peux faire plusieurs coupes : 3-3-6 ; 6-3-3 ; 4-2-6 ; 6-4-2 ; 2-2-2-6 ; etc...
Pour moi, même si tu met une césure avec la virgule à 2, à 4 ou 8, il doit y avoir une sorte d'espace notable sur le 6. Exemple :

"L'obscurité du jour // à mes yeux abolie" (tiré de mon poème que j'ai posté)
=> ici j'ai fais en sorte que la césure tombe bien au milieu, et ce n'est pour autant que j'ai mis de virgule, car, pour moi, tu dois lire le vers d'un coup, comme une phrase.

"De liberté ! // sous terre / où le poëte fuit"
=> ici la césure est à 3, derrière le "!". Pourtant il n'empêche une seconde césure à l'hémistiche, correcte mais moins "riche" que le premier exemple car il se fait sur un "e" qui se lie.

"Egaré dans le bleu / de tes yeux, // mon naufrage"
=> j'ai fais en sorte que la césure soit nette en 6 mais la ponctuation fait qu'elle se trouve en 9 (je sais vais si tu comprends, je m'explique mal...)

Je n'ai que ces exemples sous la main mais il y en a d'autres.

De rien, c'est toujours un plaisir de parler de poésie ! Sourire

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MessageSujet: Re: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeMer 18 Juil 2012 - 12:56

@Frollo a écrit:
Préciser la diérèse, oui et non. Tu peux le préciser, mais chez Racine ou Malherbe, eux, ils "diérèsaient" tout les mots, alors que nous on se base sur notre manière orale de dire tel ou tel mot : "inquiétants" je le dis en 3 pieds (normal pour moi et pour toi ?), eux le disaient en 4 et c'était normal (pour eux).

Dans un alexandrin, la césure est normalement au milieu, à 6. Après tu peux faire plusieurs coupes : 3-3-6 ; 6-3-3 ; 4-2-6 ; 6-4-2 ; 2-2-2-6 ; etc...
Pour moi, même si tu met une césure avec la virgule à 2, à 4 ou 8, il doit y avoir une sorte d'espace notable sur le 6. Exemple :

"L'obscurité du jour // à mes yeux abolie" (tiré de mon poème que j'ai posté)
=> ici j'ai fais en sorte que la césure tombe bien au milieu, et ce n'est pour autant que j'ai mis de virgule, car, pour moi, tu dois lire le vers d'un coup, comme une phrase.

"De liberté ! // sous terre / où le poëte fuit"
=> ici la césure est à 3, derrière le "!". Pourtant il n'empêche une seconde césure à l'hémistiche, correcte mais moins "riche" que le premier exemple car il se fait sur un "e" qui se lie.

"Egaré dans le bleu / de tes yeux, // mon naufrage"
=> j'ai fais en sorte que la césure soit nette en 6 mais la ponctuation fait qu'elle se trouve en 9 (je sais vais si tu comprends, je m'explique mal...)

Je n'ai que ces exemples sous la main mais il y en a d'autres.

De rien, c'est toujours un plaisir de parler de poésie ! Sourire

Ne t'in-qui-ète pas ! je te comprends :D

Dans ce cas nous en sommes au même point Sourire et c'est passionnant ! Il est bien difficile (et de toute façon inutile) de créer des césures en 6 à tous ses vers (à l'aide où sans l'aide de la ponctuation d'ailleurs)

Quelle monotonie ! J'ai coutume de me répéter pour cet art, tu pourras me donner ton avis, que "la répétition crééent des sens que l'insistance détruit !". Le "e" pour l'hémistiche n'est pas une contrainte, sauf si dans ce cas on se limite à elle et à elle-seule pour unique solution, alors là c'est entre la galère et l'esclavage !

Je ne relativise pas outre-mesure ! Mais un vers de La Fontaine n'appartient qu'à lui même:



Qu’est-ce donc que parler, s'interroge un poète... Quel est cet acte étrange ? Et d’où vient tant de foi dans cette expiration, dans cette restitution d’un peu de l’air qui nous entoure changé en verbe par l’appareil de la phonation, et revêtu de sens par l’habitude ? Tandis que nos yeux cherchent, tantôt en nous-mêmes, tantôt dans tel autre, à peser ce presque immatériel effet de paroles dans l’inquiétude de quelque affermissement secret…

Nous ne savons au mieux que notre incertitude. Jusqu’en leurs inflexions, jusque dans leur phrasé, nos langues n’ont de sens que par des conventions que la force d’habitude nous rend insensibles. Travaillés de leur bruit dès avant la naissance, soumis à leurs figures dès nos balbutiements, dressés à leur usage le plus commun par toute notre éducation, nous ne pouvons guère adultes nous défaire ni des notions, ni des questions, ni des schémas de raisonnement contenus par avance dans leurs mots imposés. Vocabulaire, syntaxe, conjugaisons, modes et temps nous offrent suffisamment de combinaisons possibles pour donner le change : nous confions notre pensée à ces mots, à ces phrases, dont nous identifions (et substituons) la production intellectuelle à la perception des vérités et des réalités qu’ils sont censés couvrir. Nous ne pensons jamais - et pour cause - quelles pensées notre langage nous empêche de former.

C’est précisément là, pesant notre ignorance, mesurant les limites de nos capacités d’expres​sion(et celles de cette conscience dont nous doutons si peu d’être doués), que nous concevons mieux comment peuvent naître et grandir une poésie et un théâtre soucieux de s’affirmer contre le sentiment d’impuissance essentielle qui les engendre - une poésie d’abord, inquiète de se dresser suffisamment armée contre toutes les réponses réflexes dont la parole nous tient captifs. Il faut prendre au langage de quoi le renverser. Il faut créer le vers.

Il peut sembler étrange (et l’on s’étonne parfois) de voir un poète vivant demander à la forme versifiée les chemins d’une expression nouvelle. On invoque le grand poids des contraintes du nombre ou de la rime, de la rigueur formelle, de tout l’appareil désuet de l’ancienne poésie que le XXe siècle a voulu dépoussiérer. Mais si l’on fonde son observation sur une histoire littéraire plus large, on s’aperçoit que le premier soin des poètes de tout temps a été d’affranchir leur art des règles en vigueur - non pas en les fuyant, sans doute - mais en les dominant, en les recréant ; en les fécondant chacun pour son usage. Un vers de La Fontaine appartient à lui seul.

Le vers, pour un poète, n’est pas une forme préétablie dans laquelle la pensée n’aurait qu’à se couler sans effort. Le vers est ce qui affecte le plus profondément la langue. Laissant à l’extérieur des mots le rôle ordinaire d’intermédiaire, de truchement de la pensée, le vers demande de leur chair la matière d’une action, d’un effet d’ordre physique et sensible qui amplifie la résonance intellectuelle, et dont s’élargisse le spectre de la signification. Le nombre, la rime et le reste ne paraissent plus que les conséquences du travail profond qu’ils ont appelé : la composition d’accents, de timbres, de couleurs phoniques dont la recherche syntaxique et la rigueur formelle saisissent et fixent les rapprochements les plus expressifs. La leçon (je l’avoue) ne m’en paraît pas si indifférente qu’il faille la laisser perdre. Telle la musique, telle la peinture, la poésie compose des éléments étrangers à toute idée de traduction dans une langue particulière. Le vers est cette chambre de résonance où la pensée et l’expression cherchent l’accord extrême, le point idéal où entendre et comprendre ne seraient plus qu’un mot de même sens.

La moisson des exemples se confond avec la poésie même. De ses diphtongues ici, Racine fait une langue plus charnellement pesante :

Va, dis-je ; et sans vouloir te charger d’autres soins,
Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins.



(Bérénice)


Des nasales, Corneille tente une approche au plus près du souffle détimbré (telle une expiration) :

Il est teint de mon sang. /Plonge le dans le mien,
Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.



(Le Cid)


Des mêmes nasales dominées de graves, Valéry descend vers la nuit :

L’amour la plus profonde
Vient et revient entre mon âme et l’onde
Dont le miroir divin m’offre le pur retour
De mes charmes vers l’ombre songe mon amour.



(Cantate du Narcisse)


Relisons ces fragments à voix haute. Essayons d’en peser physiquement les attaques et les tenues (par le jeu des consonnes et des voyelles), la richesse des rimes intérieures (Va, dis-je /Vois si je ), les effets de miroir (teinture du tien ), la distribution des sonorités par resserrements, renversements et monnayage, etc. L’appréhension poétique véritable ne souffre ni l’impatience du regard ni cette étrange lecture muette au rythme indépendant de toute respiration. Elle demande au contraire le temps, la durée, et la perception résonnante de ce qui n’est plus seulement écrit mais composé. Dans le cadre d’un théâtre d’art, elle demande ce lecteur et cet acteur singulier pour qui, plus encore que la pensée, la pesée du langage jusque dans ses phonèmes est source d’émotion.

Pour nombre d’entre nous ce réel basculement de la perception n’est pas toujours facile - ni même toujours possible. Sans doute l’habitude de la prose, l’abondance quantitative de la littérature qu’elle produit et le type de lecture qu’elle engendre n’en favorisent-ils guère l’opération. (Ajoutons qu’aussi vagues que répandues, les notions de « musique des mots » ou de « musique de l’idée » attachées à l’écriture du roman et du poème en prose ne peuvent qu’entretenir la confusion.) Mais la physiologie mentale apporte d’autres lumières sur la nature profonde de la compréhension - ou de l’incompréhension - poétique. En attribuant à des régions cérébrales distinctes, d’un côté l’intellection linéaire et la résorption signifiante du langage, et de l’autre son appréhension comme spatiale (incluant le rythme et la résonance), cette science fait dépendre de la perméabilité ou de l’étanchéité des frontières entre ces zones l’orientation du sens esthétique individuel… Aux « étanches » semblerait tout accès poétique interdit.

Une image concrète - empruntée à l’optique - donne de mon propos l’illustration la plus nette. La perception poétique reflète celle de ces créations de l’imagerie informatique appelées stéréogrammes, dont les motifs de surface cachent une figure virtuelle d’un puissant relief. Seuls ceux qui savent voir plus loin que l’apparence perçoivent cette figure surprenante, parce qu’elle surgit d’un point de convergence oculaire étranger à l’habitude du regard (point focal repoussé, reculé dans l’espace au-delà du dessin) - un point focal qui superpose et fond les motifs différemment perçus des deux yeux droit et gauche. Ainsi, face au poème, la saisie du vers dans tout son relief exige la participation sensible des deux hémisphères cérébraux ; et traversant la page, transcendant l’évidence, le point de convergence intellectuelle d’un langage élargi à tout l’être… Même à voix murmurée, même du bout des lèvres, il faut donner au vers tout ce qu’il veut de souffle pour prendre chair en nous.

De Malherbe, Corneille, Racine et quelques autres, la leçon nous révèle autant les chemins faits qu’elle peut en suggérer d’autres - qu’ils n’ont su faire. Ralentie, renforcée par une écoute profonde, la lecture poétique devient chorégraphie du mouvement des lèvres, de la langue, des vibrations du larynx - la seule mélodie de timbres (mélodie intérieure, modulations des couleurs phoniques en fonction des voyelles dominantes) jouant de la mémoire du degré d’ouverture de la bouche. Les tensions vers les voyelles extrêmes (i, u aiguës et o, on graves), les retours vers les moyennes (ain, ein), la durée des tenues et leur périodicité semblent vecteurs d’un sens dont l’étude appartient aux rapports de la psychologie et de l’acoustique… Les ondes du langage ont sans doute leurs ultra-violets et leurs infrarouges, dont les bornes sont précisément celles que l’effort poétique tente d’approcher voire de franchir : peut-être le plaisir sensoriel de la diction (que le vers semble toujours conçu pour susciter) s’explique-t-il par la sensation d’épouser pleinement certaines régions de leur spectre phonique, et par l’excitation d’en risquer des explorations nouvelles de la profondeur ou des limites sensibles.
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MessageSujet: Re: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeJeu 19 Juil 2012 - 17:17

Dragon dé-bridé :
J'ai trouvé en cherchant un peu la source grâce à laquelle tu avais répondu à Frollo.
http://theatreartproject.com/theatre.html
Il est toujours plus intéressant de citer ses sources
Cela nous permet de ne pas nous faire de mauvaises idées sur l'écrivant.
Surtout quand celui-ci ne s'est même pas présenté.
Frollo :
Tu as l'air de t'y connaître en prosodie classique et je m'arrêterai volontiers encore sur tes textes. De grâce, présente-toi ! Merci

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MessageSujet: Re: Ma plume   Ma plume Icon_minitimeJeu 19 Juil 2012 - 19:14

Je connaissais pas ce cite, c'est un ami qui m'a expliqué parce que je faisais mes alexandrins "n'importe comment" selon lui ^^'

Oui je vais me présenter, je cherche l'endroit pour le faire et je me présente.

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